Rencontre avec Claude Bergeaud
01/11/2012 à 15:43:58
 
 

Il y a peu nous avons rencontré Claude Bergeaud qui a accepté de répondre à nos questions.

 

Claude, Pau à égalité avec Antibes, la saison est-elle lancée pour toi ?

Oui, elle est bien lancée, parce que le 1er match (face à Hyères-Toulon) c'était quelque chose qui était dans nos cordes. Le 2ème était une opposition d'équipe future haut de tableau, donc ce n'était pas gagné d'avance car ils ont vraiment une très très belle équipe à Aix Maurienne. Vraiment à la fin du match j'étais heureux étant donné qu'on ne savait pas comment on allait réagir à cette athléticité, et à cette valeur physique qu'a l'équipe d'Aix mais on s'y était préparé car la préparation n'est jamais anodine. Des équipes comme Boulazac, sont un petit peu du même acabit, ça court partout, gros rouleau offensif, comme on sait qu'au niveau du rebond offensif on est pas encore en place, nous sommes sortis vainqueurs de ce match et très heureux de l'être. Depuis cette entrée en matière nous avons essuyé pas mal de soucis d'effectif mais nous avançons quand même malgré les absences successives de joueurs majeurs. Pour preuve le match contre Denain où nous l'emportons avec nos jeunes du Centre de Formation, en renfort. C'était loin d'être gagné comme beaucoup le pensaient. Si l'on observe la défaite d'Antibes à domicile contre le promu St Quentin on comprendra enfin ce que nous revendiquons depuis le début de saison .... ATTENTION à la Pro B, respectons TOUTES les équipes !

 

 

 Le Palais des Sports enregistre 3000 personnes pour chaque rencontre, quel message tu aimerais passer aux gens pour qu'ils viennent vous encourager ?

Je ne sais pas si on doit faire passer un message mais j'ai plutôt envie de dire "faisons nos preuves sur le terrain", après les gens viendront ou pas. Je pense qu'il faut qu'on arrête d'aboyer, de crier partout "on est les plus forts, on est les plus beaux ...", il faut surtout qu'on en fasse la preuve, qu'on se réhabilite car je crois qu'il y a des choses à se faire pardonner, et puis les amoureux du basket reviendront d'eux mêmes parce que si à la fois, comme on le dit en ce moment, le jeu est plaisant et s'il y a des victoires au bout avec une hiérarchie haute en terme de classement de la part de notre équipe, il n'y a pas de raison pour que ce département très basket, ne se raccroche pas à l'Elan.

 

Peux-tu nous décrire une semaine type de Claude Bergeaud entraîneur de l'Elan ?

Déjà dans un méteir d'entraîneur, et je pense que c'est pareil dans tous les sports, plus on monte de niveau plus on y a la tête car plus on baisse de niveau, plus on a la tête à se détendre. Nous étant donnée la volonté de toujours bien faire, on y est 24h/24 et il n'y a pas une nuit où on ne se réveille pas en pensant à des choses du jeu, des joueurs, au club.

Une semaine type bien sûr c'est une arrivée le matin 8h/8h30 pour l'entraînement de 10h à 12h. On en repart toujours aux alentours de 13h. Quand on rentre chez nous c'est pour faire des vidéos au calme. Quand je reviens ici, c'est pour préparer la séance de l'après-midi qui a lieu de 17h à 19h et on rentre à la maison le soir c'est toujours 20h/20h30. Pour ma part, je ne me donne que 2 soirs dans la semaine où je regarde l'adversaire parcequ'il y a le week-end que l'on consacre qu'à son équipe. Il m'arrive d'aller en Espagne voir des matchs, ce qui me fait rentrer tard pour repartir le lendemain matin à 8h. Mais je ne peux pas me plaindre, c'est passionnel, on le fait parce qu'on en a envie. On pourrait très bien couper 2 jours, c'est très facile. On avait mis le challenge sur la victoire d'Aix-Maurienne de couper 2 jours. C'était la première fois depuis le 13 Août. Malgré tout sur ces 2 jours octroyés, les joueurs sont venus au Palais le samedi pour les soins et la récup.

 

 

 

Quels sont pour toi les qualités nécéssaires afin d'être un "bon" entraîneur de basket ?

Je crois qu'il faut être soi-même, c'est à dire ne pas être une pâle copie de quelqu'un, de quelque chose, d'un idéal qu'on aimerait être. Si l'on joue un personnage que l'on n'est pas au fond de soi, le joueur va s'en rendre compte. Par exemple, les Yougoslaves qui sont eux d'une nature très autocratique "tu ne dois pas réfléchir, tu fais ça et c'est comme ça". Si on n'est pas fait comme ça, on ne pourra pas s'improviser, ça ne marchera pas !

Il faut aussi avoir l'amour du jeu et si on n'a pas pu être un grand joueur ou un joueur tout simplement, il faut se mettre tout le temps dans la peau d'un joueur : qu'est-ce que ressent un joueur à la fin d'un match perdu ? Je n'ai jamais vu un joueur sourire à la fin d'un match perdu parce qu'il est content d'avoir perdu. C'est un comportement de dépit, d'exorcisation peut-être de la défaite. Connaitre le comportement du joueur, se mettre à la place d'un joueur, c'est hyper important parce que pédagogiquement après on va dire au joueur tout et son contraire, de provoquer des fautes alors qu'il tire à 3 pts, de tirer alors que l'action d'après il pénètre au lieu de tirer à 3 pts. Il faut savoir qu'un joueur doit prendre une décision dans un moment très bref. Il y a des choses sur lesquelles on peut reprendre un joueur, mais il y a des erreurs sur lesquelles on ne peut pas reprendre un joueur. L'erreur fait partie de l'apprentissage. Connaitre le jeu aussi c'est important. Après il faut énormément entraîner, il faut entraîner des milliers d'heures. Pour ma part j'entraîne depuis l'âge de benjamins puisqu'à l'époque dans mon club les benjamins s'occupaient de l'école de basket, en minimes on s'occupait des benjamins etc ... . Après je suis devenu professeur d'EPS, j'enseignais la journée et j'entraînais le soir. J'ai cumulé des milliers d'heures d'enseignement. Il ne faut pas se presser. Il y a des gens qui veulent arriver très très vite en haut mais après il va leur manquer des cordes.

 

Que penses-tu de la place qu'occupe le basket dans notre département ?

Très longtemps j'ai été un grand défenseur pour la promotion du basket, d'une délocalisation du basket. Du basket au Pays-Basque ça aurait été super. Il y est et il y était avec Urcuit. Puis Urcuit a grandi. Nous y avions monté avec Paco (ndlr Laulhé) un Centre de Formation à Biarritz, qui est passé ensuite à Bayonne-Urcuit et malheureusement parce qu'il y avait d'autres priorités il a été un peu abandonné. Tout ce terreau de jeunesse et de formation qui était né là-bas c'est un petit peu éteint mais je vois que ça vit encore ... Puis cet été j'y ai fait un Camp avec Freddy Hufnagel à Ciboure pour faire parler un petit peu du basket au Pays-Basque parce que je crois que l'Elan a été une grande locomotive à un moment donnée mais c'était un arbre qui cachait la forêt parce que derrière entre la Pro A et le 2ème niveau il n'y avait pas grand chose. Du coup, je me suis battu pour qu'il y ait une équipe 2 et à l'époque le regretté Bruno Tarricq nous a sauvé. L'année où nous sommes descendus en Pro B il a dit "il faut qu'on fusionne !" afin de sauver les gamins de la disparition car nous, nous n'avions plus de Centre de Formation, lui avait une équipe en NM3, donc on s'est uni, l'équipe est montée de 3 en 2 ... . Elle aurait du rester en NM2 voire peut-être aller au dessus, mais malheureusement l'année dernière elle est descendue car la cohérence des systèmes on ne la percute pas trop. Le fait d'avoir une équipe en NM2 dans le département est une vraie ramification car tous les joueurs ne pourront pas jouer en NM2. Ils vont aller où les autres ? Dans les clubs aux alentours. Après ils partiront dans les Landes ... (silence) , quelques uns, (silence)... ils n'iront pas tous, ... (silence) comme les joueurs en NBA. Tous les joueurs issus du Championnat de France ne vont pas en NBA. Certains vont en Pro B, en NM1, dans des Centres de Formation. Mon idée était d'avoir ces fournées de gamins, surtout qu'un grand nombre issus d'autres régions s'installent ici, et après ils enrichissent les clubs en tant que dirigeants. C'est l'éternel renouvellement. Cette année l'équipe 2 est en NM3, j'espère quelle va faire une belle saison. Il faut qu'un club du 64 revienne à un bon niveau. C'est bien que Lons soit monté en NM3, c'est super ! Après on parle de derby, mais s'il n'y a pas de derby c'est triste !

 

Justement l'Elan en Pro B puis aucune équipe jusqu'à la NM3, est-ce un handicap pour notre département de ne pas être représenté à tous les étages (NM1, NM2 ...) ?

C'est sûr, si on avait pu avoir l'équipe d'Urcuit qui était en NM1 qui se soit maintenue avec ce terreau de formation ... . C'est vrai que la formation a beaucoup de contraintes, ça coûte cher et c'est vrai aussi que les gens sont obligés d'aller au plus économique, je le comprends mais du coup on se retrouve avec de grands fossés. J'espère que le basket restera un sport de ville moyenne comme Pau et non pas un sport de grandes villes. Il est né dans les foyers ruraux, dans les villages où il suffisait de 5 joueurs pour monter une équipe. Il n'y a avait pas de remplaçants ! Lors des déplacements, le chauffeur était souvent aussi un des joueurs. En cas de fautes trop nombreuses ou de blessés on jouait à 4. C'était facile de faire une équipe de basket, et les gens, comme les Landais, qui ont pris cette culture à bras le corps, ce sont eux aujourd'hui qui remplissent les salles. Mais dans les grandes villes, ils iront chercher autre chose.

 

 

 

Est-ce que Claude Bergeaud pourrait s'investir un jour dans les instances départementales ?

En tant qu'élu je ne crois pas. Homme de projet oui, homme de projet politique non je ne crois pas. Par contre, je pense m'y investir de manière gracieuse quand on me le demande. De façon indirecte, j'ai fait pas mal de choses, notamment sur de la formation. Mais pour plus tard, on ne sait jamais. Peut-être un jour où j'en aurai assez de l'entraînement, je ne le crois pas. Le jour où je suis devenu Directeur Général ici, je me suis rendu compte que l'entraînement me manquait et je m'en étais occupé avant, quand j'étais en équipe nationale. Je me trouvais des entraînements comme à l'INSEP parce que j'en avais vraiment envie. Je faisais progresser des joueurs et des joueuses individuellement. Je pense que je vais entraîner encore longtemps ... peut être un jour devenir entraîneur bénévole.

 

As-tu un message particulier à adresser aux basketteurs du département, aux petits comme aux grands ?

Comme je dis souvent aux jeunes que je rencontre lors des tournois, quand on vit la période du sport collectif, on ne se rend pas compte à quel point on est protégé de la société actuelle. On évolue dans un contexte plein de règles, plein de valeurs et on y baigne dedans, on partage un moment d'émotion durant le match, il y a des accrochages mais on respecte les règles. C'est lorqu'on arrête sa carrière de joueur qu'on se rend compte qu'on était bien parce qu'on partageait pas mal de trucs. Finalement ça nous manque. Quand on a la chance d'être dans ette micro-société sportive, qui établit ses propres règles sur le terrain mais il y a aussi celles du club où les tâches sont partagées entre les joueurs et les dirigeants les soirs de matchs. Je trouve qu'il y a aucune dimension humaine exceptionnelle. Et donc le message : Attention c'est quand on part de là que l'on se rend compte qu'il y a un manque. C'est pour cela qu'on voit des gens revenir après pour donner un coup de main car il leur manque quelque chose.

 

Accepterais-tu de prendre en charge une équipe féminine ?

Je l'ai déjà fait, mais là je ne sais vraiment pas. Entraîner des filles est très tentant pour un entraîneur garçon parce que les filles répondent totalement à la volonté de l'esprit collectif qu'on veut tous mettre en place sauf qu'elles répondent par l'excès de l'esprit collectif. Elles pensent trop à l'autre, il y a moins d'initiatives individuelles. On est dans l'excès, trop de collectifs chez les filles, trop d'individualismes chez les garçons. Cela m'aurait tenté. Avant que je ne parte à Bordeaux j'avais eu des touches, avant que Valérie Garnier ne signe à Bourges. On m'avait un peu titillé pour aller sur Bourges ... et finalement c'est Valérie qui avait eut le dernier mot pour ce projet-là. Je crois que j'aurais plongé pour du basket féminin de haut niveau parce que l'entraîneur y trouve un champ d'expression personnel beaucoup plus important que chez les garçons.

C'est vrai qu'entraîner des benjamins, des benjamines, des minimes garçons ou filles, ce n'est pas pareil on n'entraîne pas sur les mêmes valeurs athlétiques. C'est ce qui fait dire aux gens que c'est moins intéressant. Par contre il y a une grande richesse chez les filles. Alain Jardel n'aurait pour rien au monde entraîné les garçons ! Cela aurait été très difficile par rapport à sa vision du basket.

 

 

 

 

 

 

 

Interview express avec possibilité de donner des explications ou d'utiliser un joler.

 

Joueuse préférée : (Il cherche et hésite) Cathy Malfois, une des meilleure joueuse française des années 80, 195 fois internationale. Il y a aussi Odile Santaniello.

Joueur préféré : Pffff, il y en a tellement ... Antoine Rigaudeau. J'aurais pu dire Steve Nash ou encore Mickaël Jordan.

Une salle hormis celle de Pau : (Silence, il soupire ...) JOKER il y en a trop ! Après reflexion une salle qui me fait rêver : AT&T des Spurs de San Antonio

Dunk ou 3 points : (Silence ...) 3 points !

Ton meilleur souvenir : (Il soupire ...) Il y en a trop.

 

  

  

  

Merci à Claude Bergeaud pour sa disponibilité ainsi que sa gentillesse.

 

Entretien réalisé par Florence Lagoueyte et Jérémy Chabanne (Commission Commuication Basket 64)

 

 

 
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