Interview de Thierry Gadou
11/09/2007 à 11:51:50
Interview Thierry Gadou Je ne te ferai pas l’affront de te demander de te présenter (International Espoir : 7...
 
 

Interview

Thierry Gadou 

Je ne te ferai pas l’affront de te demander de te présenter (International Espoir : 7 sélections - International Senior : 102 sélections. Champion de France espoir avec ses deux frères Didier et Alain... Champion de France Pro A : 1992, 1996, 1998, 1999. Vainqueur du Tournoi des As : 1991, 1992, 1993. Il est All-star à 5 reprises en LNB. Médaille d'argent aux JO de Sydney 2000 avec l'Équipe de France.), mais peut-être peux-tu nous retracer ta carrière en quelques phrases ?

Ma carrière a débuté à l’âge de 8 ans au Club Sportif Boucalais (Vieux boucau), en 1977 où j’ai eu la chance d’avoir un instituteur qui m’a appris le basket puisque c’est lui qui a emmené à l’époque le basket dans le village, j’ai fait tout mon primaire avec lui, Il m’a suivi jusqu’à l’âge d’environ 15 ans ½ (en 1985) quand j’ai quitté le club de Vieux Boucau. Puisque j’ai signé mon 1er contrat à l’Elan Béarnais Orthez en cadets.
J’ai connu le cursus cadets, juniors, espoirs avec l’Elan Béarnais Orthez et je suis rentré au centre de formation en 86 J’ai signé mon 1er contrat professionnel en 1988 et j’ai continué jusqu’en l’an 2000, j’ai quitté le Club fin mai, je suis parti un an en Italie
à Reggio de Calabre, puis je suis allé jouer un an au Caja San Fernando Séville, derrière j’ai fait une pige à Villeurbanne pendant 3 mois (de sept. à déc. 2002) et j’ai suivi après de décembre jusqu’en juin 2003 au Tau Ceramica en Espagne, derrière j’ai fait un an à Paris, et après, je suis revenu à l’Elan Béarnais mes deux derniè
res saisons, 2005 et 2006.
Après il y a le côté international : J’ai débuté en 1991 en Equipe de France en 1ère cape et j’ai terminé en apothéose avec les Jeux Olympiques de Sydney avec une médaille d’argent qui pour moi est le plus beau des trophées et au niveau de l’importance et au niveau sentimental. Tout gamin, je me voyais aux jeux olympiques, et je termine ma carrière internationale aux jeux olympiques par une médaille d’argent, c’est quelque chose d’énorme.

 

C’est irréel car tu vois, les 1/4 de finale, on a vécu un 1er tour très difficile, le groupe vivait bien ; mais on arrivait pas à exprimer notre jeu parce qu’on avait pas d’atomes crochus. Ça ne tient à peu de choses l’organisation d’une équipe nationale. Il a fallu que le tableau s’éclaircisse au niveau ¼ de finale, ½ finale et puis là, on a joué un basket de rêve et c’était irréel parce qu’on avait l’impression qu’aucune équipe ne pouvait nous prendre, qu’aucune équipe ne pouvait nous gagner. On joue la finale contre les Etats-Unis, on joue peut-être avec un peu plus de pression, il y a un moment où on s’est lâché, on est revenu à 4 points à peu près 2 min de la fin, et on meurt pour pas grand-chose mais par contre, on est sur le podium avec une médaille au tour du cou et c’est quelque chose d’énorme, en sachant qu’il y a 22 000 personnes qui nous acclamaient. C’était merveilleux.    

As-tu pratiqué un autre sport avant le basket ?

J’ai pratiqué très peu de sport avant le basket, j’ai touché un peu tout au niveau scolaire, j’ai eu la chance d’avoir des profs de sport de tout horizon. J’ai joué à la pelote basque en étant très jeune, j’ai fait un peu d’athlétisme au collège, et j’aimais pas mal tout ce qui était saut, rapidité par rapport à ma taille, j’étais avantagé mais j’ai développé ce côté-là au niveau des courses. C’était pas évident parce qu’il faut savoir que j’étais grand mais très fin, pas très développé mais maintenant j’ai pas des dimensions par rapport à des athlètes qu’on voit actuellement, grâce à tous ces sports, l’athlétisme, les sports co., j’ai touché un peu le hand, bien sûr en venant des Landes, du Rugby mais à très petites doses Tous ces sports m’ont aidés à me développer mais j’ai pas eu d’autres activités que le basket

Si tu n’avais pas joué au basket,
qu’aurais-tu fait comme sport ? (ou autre activité)

Je pense que je me serai tourné vers le rugby. J’avais un père qui était rugbyman, Et on suivait son club Il était champion de France en 1969, et j’aimais beaucoup suivre ça, je regardais à la télé j’étais baigné dans ce milieu. Avant la venue de notre instituteur, il n’y avait que du rugby dans le village. Donc, on était drainé par le grand club d’Elite voisin de l’US Dax. Mes parents étaient très amis avec l’ancien président qui était M. Lassaossa. Quand mon frère aîné avait 14/15 ans, il venait démarcher mes parents pour voir s’il voulait signer à l’USD. Mes parents ont laissé le choix à mes frères qui ont préféré le basket

Comment devenait-on joueur pro il y a quelques années ? Est-ce différent pour les jeunes d’aujourd’hui ?

A l’époque il n’y avait que 2 américains par équipe, les 8 autres étaient français. On peut pas dire que c’était plus facile, mais le basket était dans un certain amateurisme .J’ai connu à travers mon frère le passage de l’amateurisme au professionnalisme qui a eu lieu en 84/85 Le professionnalisme est réellement sorti dans les années 90. Pour rentrer dans les équipes de 1ère division il fallait déjà être avant tout un international aguerri, avec déjà un certain CV, et puis avoir un peu de chance avec un coach qui te fait un peu jouer, qui croit en toi. Souvent les histoires se font comme ça , parce qu’il y a eu des joueurs techniquement plus forts que d’autres mais qui n’ont pas pu trouver leur rôle important dans le jeu des équipes et qui n’ont pas pu franchir ce palier là.

Etait-il possible de suivre des études en étant destiné à faire une carrière haut niveau ?

C’est vrai qu’aujourd’hui il y a un meilleur encadrement à savoir que le cursus scolaire devient aussi important que le parcours du basketteur en lui-même ou tout autre sportif. A mon époque, ça n’existait pas, on ne parlait pas de centre de Formation, C’était plus une option basket qu’autre chose. Les sports études et autre chose comme ça, ça n’existait pas du tout. On avait le même parcours scolaire que les autres, par contre, on avait 1H1/2 à 2H de basket en plus. On avait une grosse difficulté à tout suivre. Il y a des années difficiles, il faut savoir alléger les choses, se donner les bonnes priorités. J’ai eu la chance de décrocher mon bac, mais derrière je n’ai pas pu aller en fac, c’était impossible car en suivant je suis parti au bataillon de Joinville faire mon service militaire, j’ai signé en suivant mon 1er contrat professionnel, et à l’époque, c’était basket à 100%. Je pense que les mentalités ont complètement évoluées.Mes parents m’ont beaucoup motivé pour que j’aie un bagage. J’ai eu mon 1er appartement à 16 ans ½ en étant lycéen, j’en ai fait des soirées étudiantes, C’était pas évident de bien se construire. Il faut faire attention aux tendances, et surtout à ne pas se faire orienter vers un mauvais chemin. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir mes frères devant moi qui m’ont pas mal guidé, et surtout des éducateurs et notamment le regretté Max Pisan, à l’époque proviseur adjoint de Gaston Fébus, (Orthez) qui s’occupait de moi, il m’a énormément guidé, il m’a encadré, il y avait Pierre Seillant à côté aussi.

Y a-t-il une différence entre ce qui se passe dans une équipe en France et à l’étranger ?

Tout dépend l’implication financière du club, quand on compare les clubs où je suis passé entre Reggio de Calabre ou Tau Ceramica tous ces gros clubs surtout ce dernier où c’est des budgets qui deviennent un peu astronomique par rapport à celui de l’Elan béarnais qui est plus modeste. La puissance financière prévaut un peu dans la qualité de l’entraînement. Là-bas on s’entraînait des heures et des heures. On avait un coach qui était un des plus difficile il s’appelait Ivanovic, il ne nous laissait rien passer. On pouvait passer 5 à 6 H sur le terrain à 100%, même à 150%. Il n’avait pas peur de blesser, de casser des joueurs, parce que derrière il savait que le club allait trouver d’autres joueurs de tel niveau, avec un statut contrairement à certains club où ça ne peut pas se faire car financièrement ils ne peuvent pas suivre et si un joueur majeur se casse là ils prennent de 3ème, 4ème « marché » là-bas il prenaient du 1er marché. C’est difficile de comparer parce qu’ici il y a un autre contexte, de gérer les groupes, de gérer les meilleurs joueurs, de les protéger, de faire attention à ne pas les casser tandis que là-bas, tu peux car les pressions financières sont telles, que le coach peut se permettre de pousser et voilà. J’ai eu de la chance de connaître des gros clubs où il y avait de l’argent même au Reggio de Calabre où le budget était le même que l’Elan béarnais et pourtant c’était un club moyen (6 à 7 M€), c’était un des plus petit club de Liga italienne.

Que ressent-on le jour où on se réveille joueur international ?

C’est merveilleux, c’est la fierté. Quand on parle de maillot tricolore, il faut pas oublié que j’ai été élevé dans le monde du rugby donc tout ce que représentait pour moi un maillot tricolore c’est énorme, la Marseillaise des choses comme ça c’est des choses. Une des 1ères fois où j’ai entendu la Marseillaise, j’avais des frissons. Le jour où j’ai eu la chance de faire mon 1er match en tan
t que joueur de l’équipe de France, c’est énorme, c’est marquant C’est difficile a exprimer car c’est un ressenti à un moment donné. Parce qu’après quand tu es professionnel, le match s’emballe tu joues avec les meilleurs, tu fais pas un rapport de force mais c’est le fait de mettre ce maillot de l’équipe de France qui te montre que tu représentes ton pays quoiqu’il arrive tu as un respect par rapport à ça et tu te dois de donner 100% de toi.

Quel souvenir as-tu gardé de cette carrière (internationale) hormis Sydney ?

J’ai eu plus de moments de faiblesse que de force avec l’Equipe de France C’est la plus grande compétition que j’ai pu faire avec l’équipe de France puisque je n’ai pas pu me qualifier auparavant pour d’autres JO ou d’autres championnat de monde J’ai toujours eu cette frustration de rater le coche, pour un dernier match, on a pas su saisir notre destin en mains. J’ai eu la chance de participer à 4 championnats d’Europe, c’est énorme et puis j’ai un en 1997 en tant que capitaine donc avec d’autres responsabilités et une autre aura. J’étais au sommet de ma carrière de basketteur Avec le recul tu apprécies mieux les choses, tu vois plus le regard qu’avait les joueurs d’en face sur toi. Je m’en aperçois davantage maintenant puisque je suis un peu consultant pour Sport, d’être parti à l’étranger et d’avoir eu notamment quand je suis allé à Olympiakos commenter Le Mans, les gens sont venus me voir, me demandaient comment ça se passait, ce que je pensais du match, c’est l’avis d’un joueur expérimenté qui est reconnu en Europe c’est la marque d’avoir laissé une empreinte dans le basket européen et ça j’en suis très fier.

 

La suite de l'interview

 



 
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